Selonle Code du travail, (article L 8221-6), l'existence d'un contrat de travail peut ĂȘtre Ă©tablie lorsque des travailleurs indĂ©pendants fournissent directement ou par une personne interposĂ©e des prestations Ă un donneur d'ordre dans des conditions qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente Ă l'Ă©gard de celui-ci. Le lien de subordination juridique
Eneffet, un autre dispositif du code de travail, plus ancien, indique que sont prĂ©sumĂ©es ne pas ĂȘtre salariĂ©es les personnes physiques immatriculĂ©es auprĂšs des Urssaf pour le recouvrement des cotisations dâallocations familiales (1° du I de lâarticle L 8221-6 du code du travail). Or, ce dispositif dâimmatriculation sâimpose, depuis lâorigine du rĂ©gime, Ă tous les auto
L8221-3 du code du travail qui dĂ©finit le travail dissimulĂ© par la dissimulation dâactivitĂ©), - ne pas dĂ©clarer un salariĂ© ou ne dĂ©clarer quâune partie des heures de travail effectuĂ©es par un salariĂ© (art. L.8221-5 du code du travail qui dĂ©finit le travail dissimulĂ© par la dissimulation dâemploi salariĂ©).
Fast Money. Code du travail \ PARTIE 8 - CONTRĂLE DE L'APPLICATION DE LA LĂGISLATION DU TRAVAIL > LIVRE 2 - Lutte contre le travail illĂ©gal > TITRE 2 - Travail dissimulĂ© > CHAPITRE 1 - Interdictions > PARTIE LĂGISLATIVE > SECTION 3. - Travail dissimulĂ© par dissimulation d'emploi salariĂ© Loi n° 2008-776 du 4 aoĂ»t 2008 Travailleur indĂ©pendantEst prĂ©sumĂ© travailleur indĂ©pendant celui dont les conditions de travail sont dĂ©finies exclusivement par lui-mĂȘme ou par le contrat les dĂ©finissant avec son donneur d'ordre. En relation avec l'article L. 8221-6-1 La jurisprudence sociale
Le travail dissimulĂ© ou familiĂšrement appelĂ© "travail au noir" est lourde de consĂ©quences pour lâemployeur. En raison des implications, et de ses consĂ©quences, toute action en justice doit ĂȘtre faite sur la base dâĂ©lĂ©ments objectifs et matĂ©riellement constatĂ©s. Il importe donc de voir les situations dans lesquelles il y a travail dissimulĂ© et la rĂ©pression en la matiĂšre. Le lĂ©gislateur a progressivement renforcĂ© la lutte contre le travail illĂ©gal. Le travail illĂ©gal vise les cas de travail dissimulĂ©, le prĂȘt illicite de main-dâĆuvre, le cumul irrĂ©gulier dâemplois, lâemploi irrĂ©gulier des travailleurs Ă©trangers et la fausse dĂ©claration en vue dâobtenir des revenus de remplacement. Depuis la loi du 11 mars 1997 relative au renforcement de la lutte contre le travail illĂ©gal, le terme de travail clandestin a Ă©tĂ© remplacĂ© par celui de travail dissimulĂ© afin dâĂ©viter la confusion entre la situation des ressortissants Ă©trangers ne disposant pas de titre rĂ©gulier pour travailler ou de sĂ©jour et celle des travailleurs non dĂ©clarĂ©s par lâemployeur. Le dispositif de lutte contre le travail illĂ©gal a Ă©tĂ© renforcĂ© par la loi du 16 juin 2011. Le travail dissimulĂ© est dĂ©fini et interdit par les articles L. 8221-2, L. 8221-3 et L. 8221-5 du Code du travail. Le Code du travail vise deux types de situations. En cas de travail dissimulĂ©, le contrevenant sâexpose Ă des sanctions financiĂšres, pĂ©nales et administratives. Le salariĂ©, victime dispose en outre de plusieurs voies pour faire reconnaĂźtre son prĂ©judice. I- Champ dâapplication du travail dissimulĂ© La loi dĂ©termine les situations dans lesquelles il y a travail dissimulĂ©. Le Code du travail renvoie Ă deux hypothĂšses. Le travail dissimulĂ© par dissimulation dâactivitĂ© Article L. 8221-3 du Code du travail Le travail dissimulĂ© par dissimulation dâemploi salariĂ© Article L. article L. 8221-5 du code du travail A- Le travail dissimulĂ© par dissimulation dâactivitĂ© Quelles sont ces situations et les activitĂ©s spĂ©cifiques visĂ©es ? 1- Les cas incriminĂ©s Cette hypothĂšse a cours en cas de crĂ©ation de sociĂ©tĂ© ou dâentreprise. Lâarticle L. 8221-3 du Code du travail dĂ©finit la dissimulation dâactivitĂ© Est rĂ©putĂ© travail dissimulĂ© par dissimulation dâactivitĂ©, lâexercice Ă but lucratif dâune activitĂ© de production, de transformation, de rĂ©paration ou de prestation de services ou lâaccomplissement dâactes de commerce par toute personne qui, se soustrayant intentionnellement Ă ses obligations 1° Soit nâa pas demandĂ© son immatriculation au rĂ©pertoire des mĂ©tiers ou, dans les dĂ©partements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, au registre des entreprises ou au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s, lorsque celle-ci est obligatoire, ou a poursuivi son activitĂ© aprĂšs refus dâimmatriculation, ou postĂ©rieurement Ă une radiation ; 2° Soit nâa pas procĂ©dĂ© aux dĂ©clarations qui doivent ĂȘtre faites aux organismes de protection sociale ou Ă lâadministration fiscale en vertu des dispositions lĂ©gales en vigueur. » Lâinfraction est donc constituĂ©e par lâexercice dâune activitĂ© professionnelle sans lâaccomplissement des formalitĂ©s dâimmatriculation au rĂ©pertoire des mĂ©tiers, au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s ou au registre des entreprises. Lorsque lâimmatriculation nâest pas obligatoire, câest lâabsence des dĂ©clarations obligatoires qui est sanctionnĂ©e. Ainsi, pour les professions libĂ©rales, agricoles et similaires, le dĂ©lit de travail dissimulĂ© est constituĂ© par le dĂ©faut de dĂ©clarations obligatoires auprĂšs des organismes fiscaux et de protection sociale. La dissimulation dâactivitĂ© est Ă©galement constituĂ© lorsque toute personne qui exerce une activitĂ© Ă but lucratif ne procĂšde pas aux dĂ©clarations qui doivent ĂȘtre faites auprĂšs des organismes de protection sociale de lâadministration fiscale. Est Ă©galement constitutif du dĂ©lit de travail dissimulĂ© La poursuite dâactivitĂ© Ă la suite dâune liquidation judiciaire ou aprĂšs un refus dâimmatriculation, ou encore aprĂšs la radiation dâun registre professionnel ; Lâabsence dâimmatriculation dâun Ă©tablissement secondaire ; Lâexercice dâune activitĂ© diffĂ©rente de celle pour laquelle lâimmatriculation a Ă©tĂ© requise. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a ainsi jugĂ©e Ă propos du dĂ©faut dâinscription modificative au rĂ©pertoire des mĂ©tiers [] la demande dâinscription modificative audit rĂ©pertoire Ă©tant une formalitĂ© obligatoire, son omission volontaire doit ĂȘtre assimilĂ©e au dĂ©faut dâimmatriculation prĂ©vu Ă lâarticle L. 324-10. 1o du Code du travail » Cass. crim. 23-5-1995 n° 2- Les activitĂ©s visĂ©es Lâarticle L. 8221-3 du Code du travail Ă©nonce quâil sâagit de lâexercice Ă but lucratif dâune activitĂ© de production, de transformation, de rĂ©paration ou de prestation de services ou lâaccomplissement dâactes de commerce par toute personne qui, se soustrayant intentionnellement Ă ses obligations ». LâURSSAF prĂ©cise quâil sâagit de toutes activitĂ©s des secteurs Ă©conomiques de lâindustrie et des services, les activitĂ©s de commerce et de vente. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, il sâagit de toutes les activitĂ©s lucratives quâelles soient exercĂ©es par des travailleurs indĂ©pendants, des professions libĂ©rales, des sociĂ©tĂ©s ou tout autre personne morale. B- Le travail dissimulĂ© par dissimulation dâemploi salariĂ© Dans cette situation, câest lâemployeur qui est visĂ© et non pas dans la crĂ©ation dâactivitĂ© comme dans lâhypothĂšse prĂ©cĂ©dente. 1-Les situations incriminĂ©es Lâarticle L. 8221-5 du Code du travail dĂ©finit la situation de dissimulation dâemploi salariĂ©. Est rĂ©putĂ© travail dissimulĂ© par dissimulation dâemploi salariĂ© le fait pour tout employeur 1° Soit de se soustraire intentionnellement Ă lâaccomplissement de la formalitĂ© prĂ©vue Ă lâarticle L. 1221-10, relatif Ă la dĂ©claration prĂ©alable Ă lâembauche ; 2° Soit de se soustraire intentionnellement Ă lâaccomplissement de la formalitĂ© prĂ©vue Ă lâarticle L. 3243-2, relatif Ă la dĂ©livrance dâun bulletin de paie, ou de mentionner sur ce dernier un nombre dâheures de travail infĂ©rieur Ă celui rĂ©ellement accompli, si cette mention ne rĂ©sulte pas dâune convention ou dâun accord collectif dâamĂ©nagement du temps de travail conclu en application du titre II du livre Ier de la troisiĂšme partie. » Ainsi, lâemployeur qui ne dĂ©clare pas ses salariĂ©s et ne dĂ©clare pas la rĂ©munĂ©ration exacte commet un dĂ©lit de travail dissimulĂ©. De ce fait, la remise dâun bulletin de paie ne mentionnant quâune partie de la rĂ©munĂ©ration versĂ©e est constitutive de travail dissimulĂ© par dissimulation dâemploi salariĂ©. Lâemployeur est susceptible dâĂȘtre poursuivi pour infraction de travail illĂ©gal mais aussi une infraction fiscale ou infraction relative Ă la protection sociale. La situation de travail dissimulĂ© peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e lorsque lâemployeur soutient que le travail est bĂ©nĂ©vole se caractĂ©risant par une absence de contrat de travail et soutenant que les travailleurs sont des travailleurs indĂ©pendants, artisans, ou des professions libĂ©rales. Le juge a ainsi requalifiĂ© la relation en contrat de travail. Ainsi le juge a dĂ©cidĂ© que sous le couvert de contrats de sous-traitance fictifs, le prĂ©venu avait en connaissance de cause employĂ© des salariĂ©s dissimulĂ©s » Cass. crim. 22 fĂ©vrier 2000, n°99-84643. Pour une entreprise commerciale, le bĂ©nĂ©volat, de par son but non lucratif, ne peut constituer le moyen de pourvoir des postes nĂ©cessaires Ă la rĂ©alisation de lâobjet social. La jurisprudence a caractĂ©risĂ© la situation de travail dissimulĂ© en cas dâemploi irrĂ©gulier de salariĂ©s, mĂȘme Ă titre occasionnel. quâil nâimporte que le recours Ă ces pratiques ait Ă©tĂ© occasionnel, lâarticle L. 324-10 du Code du travail dans sa rĂ©daction applicable Ă lâespĂšce, ne faisant pas du caractĂšre habituel une condition de lâinfraction » Cass. crim. 30 juin 1995, n°94-82375. Le travail dissimulĂ© est aussi caractĂ©risĂ© en cas dâemploi dâun faux stagiaire. le statut dĂ©rogatoire de stage suppose que lâobjectif de celui-ci soit en relation avec la formation de lâĂ©tudiant et quâil y ait une convention avec lâĂ©tablissement qui assure la formation, les tĂąches confiĂ©es Ă Ana-Maria Y... et Anna Z... nâĂ©taient pas en rapport avec leurs Ă©tudes et lâorganisme signataire de la convention de stage nâassurait aucune formation ; que les juges en dĂ©duisent que le dĂ©lit de fourniture illĂ©gale de main-dâĆuvre Ă but lucratif est constituĂ© Ă lâencontre de la sociĂ©tĂ© Actions langues qui savait que les emplois quâelle proposait ne rentraient pas dans le cadre dâune convention de stage » ; Cass. crim 26 mai 2010, n°09-86095 Le travail dissimulĂ© est aussi caractĂ©risĂ© par le fait de dĂ©signer des personnes comme Ă©tant cogĂ©rants alors quâen rĂ©alitĂ© ces derniĂšres Ă©taient des salariĂ©s. Dans cette espĂšce, les cogĂ©rants Ă©taient en rĂ©alitĂ© des salariĂ©s de la SARL, Ă©levĂ©s Ă ces fonctions pour dissimuler le montage juridique rĂ©alisĂ© Cass. crim. 21 juin 1999, n°98-88103. Les travailleurs indĂ©pendants lorsquâil est Ă©tabli quâun faux travailleur indĂ©pendant ou un faux auto-entrepreneur doit ĂȘtre requalifiĂ© en salariĂ©, le donneur dâordre qui a eu recours Ă ce dernier est considĂ©rĂ© comme lâemployeur de ce salariĂ© dissimulĂ©. Ainsi, nombre de "prestations de services" de faux indĂ©pendants sont requalifiĂ©es en contrats de travail. Le cas du forfait jour le salariĂ© titulaire dâun forfait jours voit son temps de travail dĂ©comptĂ© en jours et non plus en heures. Ainsi, sur le bulletin de paie, le nombre dâheures nâest pas mentionnĂ©. Dans une espĂšce, lâemployeur a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă verser une indemnitĂ© de six mois de salaire au titre du travail dissimulĂ© Mais attendu, dâabord, que la cour dâappel, qui a constatĂ© que lâemployeur avait appliquĂ© au salariĂ© le systĂšme du forfait en jours sans quâait Ă©tĂ© conclue une convention de forfait en jours et relevĂ© que ce cadre travaillait rĂ©guliĂšrement plus de dix heures par jour, a fait ressortir le caractĂšre intentionnel de lâabsence de la mention, sur les bulletins de salaire, de toutes les heures accomplies au delĂ de la durĂ©e lĂ©gale ». Si le salariĂ© dĂ©montre la volontĂ© de lâemployeur dâĂ©chapper Ă la dĂ©claration de ces heures, il peut ĂȘtre considĂ©rĂ© dans une situation de travail dissimulĂ© puisque le bulletin de paie ne fait pas apparaĂźtre la rĂ©alitĂ© des heures effectivement travaillĂ©es et payĂ©es. Une fois encore, le travail dissimulĂ© suppose que soit concrĂ©tisĂ© le caractĂšre intentionnel de la dĂ©marche de lâemployeur. Pour la Chambre sociale de la Cour de cassation, la sous-Ă©valuation, pendant plusieurs annĂ©es, dâun bulletin de paie caractĂ©rise le travail dissimulĂ© Mais attendu que la dissimulation dâemploi salariĂ© prĂ©vue par lâarticle L. 8221-5 du code du travail est caractĂ©risĂ©e lorsquâil est Ă©tabli que lâemployeur a, de maniĂšre intentionnelle, mentionnĂ© sur le bulletin de paie un nombre dâheures de travail infĂ©rieur Ă celui rĂ©ellement effectuĂ© ; que les juges du fond apprĂ©cient souverainement lâexistence dâune telle intention » Cass. soc. 20-6-2013, n°10-20507. En cas de convention ou dâaccord dâannualisation du temps de travail, il nây a pas de dĂ©lit de sous-Ă©valuation du bulletin de paie Cass. crim. 16-4-2013 n° 2- Les activitĂ©s visĂ©es LâURSSAF prĂ©cise que toutes les activitĂ©s, quelle quâen soit la nature, pour laquelle il y a emploi de personnel salariĂ©s est concernĂ©. Sont cependant exclues les travaux dâurgence dont lâexĂ©cution immĂ©diate est nĂ©cessaire pour prĂ©venir les accidents imminents ou organiser les mesures de sauvetage. En ce qui concerne la dissimulation dâemploi salariĂ©, la volontĂ© de dissimuler doit ĂȘtre rĂ©elle. La Chambre criminelle de la Cour de cassation prĂ©cise rĂ©guliĂšrement que cette attitude doit ĂȘtre intentionnelle Mais attendu que la dissimulation dâemploi salariĂ© prĂ©vue par le dernier alinĂ©a de lâarticle L. 324-10 du Code du travail nâest caractĂ©risĂ©e que sâil est Ă©tabli que lâemployeur a, de maniĂšre intentionnelle, mentionnĂ© sur les bulletins de paie un nombre dâheures de travail infĂ©rieur Ă celui rĂ©ellement effectuĂ© » Cass. crim. 29 octobre 2003, n°01-44940. II- La rĂ©pression du travail illĂ©gal Le lĂ©gislateur a organisĂ© une protection du salariĂ© en cas de travail dissimulĂ©, la jurisprudence en prĂ©cise les contours. Par ailleurs, le lĂ©gislateur organise un systĂšme de rĂ©pression en cas de travail dissimulĂ©. A- Au regard de la situation du salariĂ© Le salariĂ© a un droit dâinformation sur sa situation. En cas de travail dissimulĂ© Ă©tabli, il peut obtenir le rĂ©tablissement des droits. 1- Droit dâinformations du salariĂ© Selon lâarticle du Code du travail, Le salariĂ© obtient des agents de contrĂŽle mentionnĂ©s Ă lâarticle L. 8271-7, dans des conditions dĂ©finies par dĂ©cret, les informations relatives Ă lâaccomplissement par son employeur de la dĂ©claration prĂ©alable Ă lâembauche le concernant ». Il sâagit des services de la police judiciaire, de la direction gĂ©nĂ©rale des impĂŽts, de la direction gĂ©nĂ©rale des douanes, des organismes de SĂ©curitĂ© sociale, des caisses de mutualitĂ© agricole, de lâinspection du travail, des affaires maritimes, de lâaviation civile ou des transports terrestres. Par exemple, un salariĂ© qui a des doutes sur la rĂ©gularitĂ© de sa situation peut demander au service de lâURSSAF sâil a Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement dĂ©clarĂ©. Le salariĂ© obtient les informations relatives Ă lâaccomplissement par lâemployeur de la dĂ©claration prĂ©alable Ă lâembauche le concernant sur demande Ă©crite. La rĂ©ponse par les services concernĂ©s doit ĂȘtre adressĂ©e au salariĂ© dans les trente jours qui suivent la rĂ©ception de sa demande. Par ailleurs, il convient de prĂ©ciser que la situation de travail dissimulĂ© justifie la prise dâacte de la rupture. 2- Une indemnitĂ© forfaitaire de six mois de salaire Le salariĂ© peut, au moment de la rupture de son contrat de travail, formuler une demande dâindemnisation pour travail dissimulĂ© devant le Conseil de prudâhommes. Sâil est Ă©tabli une situation de travail dissimulĂ©, le salariĂ© a droit Ă une indemnitĂ© de six mois de salaire. La Chambre sociale de la Cour de cassation a jugĂ© que lâindemnitĂ© forfaitaire peut se cumuler avec les indemnitĂ©s de toute nature avec les indemnitĂ©s de toute nature auxquelles le salariĂ© a droit en cas de rupture de la relation de travail Cass. soc. 06 fĂ©v. 2013, n°11-23738. Cette indemnitĂ© peut donc se cumuler avec lâindemnitĂ© pour licenciement sans cause rĂ©elle et sĂ©rieuse ; lâindemnitĂ© pour non-respect de la procĂ©dure de licenciement ; lâindemnitĂ© de requalification dâun CDD en CDI ; les dommages et intĂ©rĂȘts pour violation de lâordre des licenciements ; lâindemnitĂ© compensatrice de prĂ©avis et lâindemnitĂ© de congĂ©s payĂ©s. 3- Dommages et intĂ©rĂȘts du prĂ©judice rĂ©sultant de la dissimulation Le salariĂ© a la possibilitĂ© dâobtenir des dommages et intĂ©rĂȘts pour faire rĂ©parer le prĂ©judice causĂ© par la dissimulation de son emploi. Ce prĂ©judice peut dĂ©couler de la difficultĂ© Ă trouver un logement ou Ă obtenir un crĂ©dit faute de bulletins de paie 4- ResponsabilitĂ© civile Le salariĂ© qui a Ă©tĂ© en situation de travail dissimulĂ© doit rĂ©gulariser sa situation fiscale et sociale. Si la volontĂ© de frauder du salariĂ© est Ă©tablie, il peut Ă titre de sanction se voir priver du bĂ©nĂ©fice de certaines prestations sociales. Tout ou partie des indemnitĂ©s journaliĂšres dues par le salariĂ© peut ĂȘtre retenue par les organismes de maladie Les ASSEDIC peuvent supprimer le revenu de remplacement et sanctionner pĂ©nalement le travailleur pour fraude aux allocations. B- Sanctions pĂ©nales et administrative Lâemployeur qui a Ă©tĂ© reconnu coupable de travail dissimulĂ© encourt des sanctions pĂ©nales mais aussi des sanctions administratives. De mĂȘme, peut ĂȘtre reconnu coupable de lâinfraction de travail illĂ©gal le client qui conclut des contrats avec une sociĂ©tĂ© dont il nâa pas vĂ©rifiĂ© si elle sâĂ©tait acquittĂ©e de lâaccomplissement des formalitĂ©s obligatoires Article L. 8222-2 du Code du travail. 1- Sanctions pĂ©nales Toute infraction Ă lâinterdiction du travail dissimulĂ© est puni dâun emprisonnement de trois ans et dâune amende de 45 000 225 000 pour les personnes morales, et de peine complĂ©mentaire notamment dâinterdiction dâexercer lâactivitĂ© professionnelle Article L 8224-1 du Code de Commerce. Lâemploi dissimulĂ© dâun mineur soumis Ă lâobligation scolaire est puni de cinq ans dâemprisonnement et de 75 000 dâamende. 2- Sanctions administratives Aux sanctions pĂ©nales, sâajoutent des sanctions administratives. Il sâagit notamment de La dissolution si la personne morale a Ă©tĂ© créée pour commettre les faits ; Lâinterdiction dâexercer lâactivitĂ© pendant cinq ans au plus directement ou par personne interposĂ©e ; La fermeture de lâĂ©tablissement jusquâĂ trois mois sur simple transmission du procĂšs-verbal au prĂ©fet ; Le remboursement des aides publiques octroyĂ©es au cours des 12 mois prĂ©cĂ©dant lâĂ©tablissement du procĂšs verbal ; Le refus des aides publiques Ă lâemploi et Ă la formation professionnelle pour une durĂ©e maximale de cinq ans aux personnes physiques et morales ayant Ă©tĂ© verbalisĂ©es pour une infraction de travail dissimulĂ© ; Lâexclusion des marchĂ©s publics jusquâĂ cinq ans Il ressort en dĂ©finitive que la situation de travail dissimulĂ© est assez complexe et tient compte de situation dâespĂšce, lâintention de frauder devant ĂȘtre rĂ©elle. Lâemployeur devra Ă©viter toute situation ambiguĂ« pouvant conduire Ă le faire condamner pour dĂ©lit de travail dissimulĂ©. La dĂ©nonciation du salariĂ© pour travail dissimulĂ© est suffisamment grave pour lâemployeur, il devra obtenir de maniĂšre objective tous les Ă©lĂ©ments indispensables avant toute action judiciaire.
Le statut dâauto-entrepreneur, instituĂ© par la loi de modernisation de lâĂ©conomie du 4 aoĂ»t 2008, place son titulaire sous le rĂ©gime dâun travailleur indĂ©pendant, et sâaccompagne dâune prĂ©somption lĂ©gale de non-salariat, disposĂ© Ă lâarticle L 8221-6, I du Code de travail. Il ne sâagit toutefois que dâune prĂ©somption simple. Le statut dâauto-entrepreneur, instituĂ© par la loi de modernisation de lâĂ©conomie du 4 aoĂ»t 2008, place La prĂ©somption lĂ©gale de non salariat des auto-entrepreneurs. Le statut dâauto-entrepreneur, instituĂ© par la loi de modernisation de lâĂ©conomie du 4 aoĂ»t 2008, place son titulaire sous le rĂ©gime dâun travailleur indĂ©pendant, et sâaccompagne dâune prĂ©somption lĂ©gale de non-salariat, disposĂ© Ă lâarticle L 8221-6, I du Code de travail. Il ne sâagit toutefois que dâune prĂ©somption simple. DĂšs lors, lâexistence dâun contrat de travail peut ĂȘtre Ă©tablie lorsque lâauto-entrepreneur est en rĂ©alitĂ© placĂ© dans un lien de subordination juridique permanente » Ă lâĂ©gard du donneur dâordre art. L. 8221-6, II du code du travail. Les tribunaux se montrent vigilants Ă lâĂ©gard de lâemployeur qui serait tentĂ© de contourner ses obligations en voulant requalifier le contrat de travail en contrat de mission dâun auto-entrepreneur. Le champ dâapplication de lâarticle L 8221-6 du Code du travail. La liste de lâarticle L. 8221-6 prĂ©citĂ© vise dâabord les personnes physiques immatriculĂ©es au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s, au rĂ©pertoire des mĂ©tiers, au registre des agents commerciaux ou auprĂšs des URSSAF pour le recouvrement des cotisations dâallocations familiales. Viennent ensuite les personnes physiques inscrites au registre des entreprises de transport routier de personnes, qui exercent une activitĂ© de transport scolaire prĂ©vu par lâarticle L. 213-11 du code de lâĂ©ducation ou de transport Ă la demande conformĂ©ment Ă lâarticle 29 de la loi n° 82-1153 du 30 dĂ©cembre 1982 dâorientation des transports intĂ©rieurs. La troisiĂšme catĂ©gorie se rĂ©fĂšre aux dirigeants des personnes morales immatriculĂ©es au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s et leurs salariĂ©s. Sont enfin visĂ©es les personnes physiques relevant de lâarticle L. 123-1-1 du code de commerce ou du V de lâarticle 19 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au dĂ©veloppement et Ă la promotion du commerce et de lâartisanat auto-entrepreneurs ayant une activitĂ© commerciale notamment. Cette derniĂšre catĂ©gorie a Ă©tĂ© supprimĂ©e Ă la suite de la disparition de la dispense dâimmatriculation, les intĂ©ressĂ©s Ă©tant alors visĂ©s par les catĂ©gories prĂ©cĂ©dentes. La prĂ©emption simple de non-salariat. Lâexistence dâun contrat de travail. La prĂ©somption de non-salariat nâest pas irrĂ©fragable. Ce qui signifie que lâexistence dâun contrat de travail peut, selon lâarticle L. 8221-6 du code du travail, ĂȘtre Ă©tablie lorsque les personnes prĂ©sumĂ©es non salariĂ©es fournissent directement ou par une personne interposĂ©e des prestations Ă un donneur dâordre dans des conditions qui les placent dans un lien de subordination juridique permanente Ă lâĂ©gard de celui-ci. Il convient donc de se rĂ©fĂ©rer aux modalitĂ©s de dĂ©termination de la condition du lien de subordination. Depuis lâarrĂȘt SociĂ©tĂ© GĂ©nĂ©rale Cass Soc. 3 juin 2009, n° la jurisprudence caractĂ©rise ce lien par lâexĂ©cution dâun travail sous lâautoritĂ© dâun employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, dâen contrĂŽler lâexĂ©cution et de sanctionner les manquements de son subordonnĂ©. Ainsi, Le travail au sein dâun service organisĂ© peut constituer un indice du lien de subordination lorsque lâemployeur dĂ©termine unilatĂ©ralement les conditions dâexĂ©cution du travail. Câest dans la pratique des relations entre donneur dâordre et prestataire quâil convient de rechercher la rĂ©alitĂ© du lien de subordination, peu important la qualification quâils ont donnĂ©e Ă leurs relations, par la technique du faisceau dâindices, comme la rappelĂ© lâarrĂȘt de la 2Ăšme chambre civile, de la Cour de cassation du 9 mars 2006, n° Illustration de la technique du faisceau dâindices .Ainsi lâarrĂȘt du 7 juillet 2016, la deuxiĂšme chambre civile a validĂ© le redressement notifiĂ© Ă une sociĂ©tĂ© spĂ©cialisĂ©e dans le soutien scolaire et les cours collectifs, dont 40 % des formateurs salariĂ©s en 2008, avaient Ă©tĂ© recrutĂ©s, au cours de lâannĂ©e 2009 et Ă la suite de lâentrĂ©e en vigueur de la loi du 4 aoĂ»t 2008, sous le statut dâauto-entrepreneur. Pour caractĂ©riser le lien de subordination juridique permanente et lâexistence dâune relation de salariat, diffĂ©rents Ă©lĂ©ments ont Ă©tĂ© relevĂ©s par les juges de second degrĂ©, par la technique du faisceau dâindices ces formateurs Ă©taient liĂ©s par un contrat de prestations de services » Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e ; ils exerçaient leur activitĂ© dans les locaux de la sociĂ©tĂ© ; les Ă©lĂšves demeuraient la clientĂšle exclusive de la sociĂ©tĂ© ; lâenseignant nâavait aucune libertĂ© pour concevoir ses cours, ceux-ci Ă©tant dispensĂ©s selon un programme fixĂ© par la sociĂ©tĂ© ; les contrats prĂ©voyaient une clause de non-concurrence dâune durĂ©e dâun an aprĂšs la rĂ©siliation, interdisant aux formateurs de proposer leurs services directement aux clients prĂ©sentĂ©s par la sociĂ©tĂ© ; la sociĂ©tĂ© Ă©tait mandatĂ©e par les auto-entrepreneurs pour rĂ©aliser lâensemble des formalitĂ©s administratives liĂ©es Ă ce statut, Ă©mettre des factures correspondant au montant des prestations rĂ©alisĂ©es et effectuer en son nom les dĂ©clarations trimestrielles de chiffre dâaffaires et le paiement des charges sociales et fiscales. Autant dâindices faisant apparaĂźtre quâaucune modification des conditions dâexercice des fonctions nâĂ©tait intervenue dans lâactivitĂ© des formateurs initialement salariĂ©s, depuis leur passage sous le statut dâauto-entrepreneur. De ce fait, par la requalification, le donneur dâordre devra Ă©galement rĂ©intĂ©grer les sommes versĂ©es aux auto-entrepreneurs, dans lâassiette de ses cotisations Vous pouvez me poser vos questions sur conseiller Joan DRAY Avocat Ă la Cour joanadray 76/78 rue Saint-Lazare 75009 PARIS TEL FAX
l 8221 6 du code du travail